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Les relations entre la Turquie et la Syrie > Strategique.org

Les relations entre la Turquie et la Syrie

16 août 2011 12

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Auteur :

Le président syrien Bashar-el-Assad (AP Photo/SANA)

 

Nous reproduisons ci-dessous le commentaire de LTC Maximilien fait le 10 Août dernier pour un article du Figaro  »Mission de la dernière chance pour la Turquie en Syrie« .

 

La référence faite dans l’article du massacre en 1982 à Hama de 20.000 sunnites structurés par les Frères Musulmans a laissé dans la mémoire des Turcs essentiellement Sunnites de l’AKP, dont Tayyip Erdogan est le leader incontesté, un souvenir qui les rapproche dangereusement de la situation actuelle en Syrie qui n’est pas sans présenter des similitudes évidentes, ce qui n’est pas rassurant pour le régime en place à Damas encore que je doute fort d’une intervention armée de la Turquie en Syrie.
D’un autre côté, nous ne saurons jamais ce qu’ils ont pu se dire durant cet entretien mais il serait assez aisé pour Bachar-el-Assad de rappeler aux Turcs qu’ils ne réussissent pas à éteindre le ressentiment kurde et que leurs revendications, dont certaines parfaitement légitimes, sont vaguement satisfaites mais à contre-coeur et de mauvaise volonté. Comment ne pas « leur » rappeler (aux Turcs) qu’ils ont transformé toute une large zone à la frontière kurde avec l’Irak en terre déserte en expulsant les Kurdes de leurs village qu’ils ont ensuite rasés sans se soucier de ce que deviendraient cette masse de « déplacés » qui se sont agglutinés autour des grandes villes dans des slums innommables autour de grandes villes telles qu’Ankara ou Istanbul (certainement plus d’un million). .
Bref sans jouer au devin, j’estime qu’il serait assez aisé à Bachar-el-Assad d’avancer le pion du PKK qui est le reflet d’une situation politique intérieure encore fragile. Si l’on y inclut le fossé séparant les Sunnites (Turcs) des Alévis (Turcs) qui dépassent les dix millions et les incidents « spontanés » d’oppression des Alévis, j’estime qu’il était tangent pour Mr Davutoglu de faire la leçon aux Syriens.
De toute façon, il est impossible à Bachar-el-Assad de ne pas devoir lâcher du lest, et considérablement, sans négliger le fait qu’il n’est pas le seul à décider et est étroitement imbriqué dans une structure clanique et religieuse (famille, hommes politiques, police(s), armée et les 15% d’Alawites (rien de commun avec les Alévis turcs) qui risquent à leur tour d’être victimes des 85% de Sunnites syriens.
C’est une situation extrêmement malsaine présentant des points communs avec la structure politico-religieuse irakienne (65% chiites, 25% de sunnites jadis privilégiés par le clan de Saddam Hussein et les 10% restant des Kurdes (Nord-eest) et 250.000 Turkmènes sur lesquels veillent les Turcs). Enfin, n’oublions pas l’embargo décrété unilatéralement par la Turquie sur tout transit à destination de l’Arménie (conflit avec un Azerbaïdjan turcophone mais largement chiite).
Avant que de mettre le doigt dans cet engrenage, les Américains auraient mieux fait d’y réfléchir et d’utiliser d’autres moyens que ceux mis en oeuvre, sans grand succès.

 

1 - Dans le numéro 59 de juin 1995 du « Le Monde Atlantique » le soussigné a écrit un article intitulé « Les Kurdes et le Kurdistan ou trois mille ans de problèmes non résolus ». A la page 15 nous citons cette référence intéressante « […] le coût de la déstabilisation économique et sociologique de la guerre au Kurdistan est effrayant. Il n’y a pas – et pour cause – de chiffres exacts mais on estime à quatre mille cinq cents le nombre de villages ou hameaux « évacués de force » (lisez « détruits ») dont très officiellement 2.443 « vidés » depuis novembre 1991 (déclaration de Mr Nahit Mentese, Ministre turc de l’intérieur le 9 décembre 1994 – voir « Le Monde Diplomatique » N° 18 de mars 1995). Chose très grave pour  l’équilibre interne du pays, on estime que deux millions de Kurdes ont fui « leur » pays pour essaimer dans l’Ouest de la Turquie et en s’agglutinant autour des grandes villes qu’ils déséquilibrent socialement tout en constituant un terreau de choix pour des solutions politiques extrêmes, PKK ou Refah fondamentaliste dont pour la première fois depuis Kemal Atatürk le président est devenu le Premier Ministre Islamiste de la république laïque turque ( 24 décembre 1995), pour tomber en  avril 1997 sous la pression de l’establishment militaire et interdit en janvier 1998 par la Cour Constitutionnelle, pour donner alors immédiatement naissance au Fazilet ou Parti de la Vertu de la même tendance traçant ainsi la voie pour le développement de l’A.K.P dont les tendances islamistes sunnites ne sont plus à mettre en doute. Notons également que les  élections d’avril 1994 confirmèrent  la poussée islamiste, corroborant ainsi nos affirmations précitées, ce parti fondamentaliste prenant le contrôle des cinq villes les plus importantes de Turquie lors des élections législatives du 24 décembre 1995 (Diyarbakir et Erzurum  en pays kurde, et dans l’Ouest du pays,  Konya, Ankara et Istanbul).

 

2 – Les Alevis (Turquie) ne sont reconnus, ni par les Sunnites ni par les Chiites. Ils n’acceptent pas le principe de la Shari’a, le système judiciaire islamique aussi bien pour les problèmes religieux que civils. En outre, ils recommandent  la renonciation à la violence, considèrent que les femmes et hommes sont égaux dans leur communauté, ce qui diffère sensiblement de la doctrine sunnite aussi bien que chiite. Le pélerinage à la Mecque n’est pas obligatoire mais sont recommandés des visites aux lieux saints des Alevis ( tombes d’hommes remarquables par leur sainteté). De même, ils sont monogames, les femmes ne sont pas astreintes aux voiles mais les mœurs sont assez puritaines.

Ce qui n’a pas empêché une persécution rampante voire ouverte durant l’empire Ottoman et en 1993 cette émeute fondamentaliste qui aboutit au massacre de Sivas le 2 juillet 1993 : une réunion d’intellectuels alevis avait lieu dans l’hôtel Madimak auquel « la foule » a mis le feu, empêchant l’intervention des pompiers sous l’œil impavide de la police tandis que 35 participants à ce Colloque brûlaient vifs ou se jetaient dans la foule pour y être lynchés, le tout télévisé mais sans aucune réaction politique ou dans les medias. De surcroît, les auteurs de l’incendie sont connus, vivent en Allemagne, mais la Turquie n’a jamais demandé leur extradition.

Je me suis souvent demandé comment cette masse importante  (les chiffres varient entre dix et vingt millions, car s’il y a recensement les Alevis se déclarant Sunnites et y sont autorisés selon le principe de la Taquiya) n’est pas prise en considération par le parti Sunnite au pouvoir : ils ne sont pas davantage organisés en parti politique, ce qui pourrait leur assurer plus de considération mais ils semblent structurés suivant de petits groupes disséminés, tenant des cérémonies de danses et transes rituelles dans des locaux mais non des mosquées. Ils n’assistent pas aux prêches du vendredi donc ne fréquentent pas les mosquées et si contraints socialement, se plient au rituel tout en ne priant pas. Ils sont également divisés en trois ou quatre grandes tendances que nous ne détaillerons pas ici sous peine d’allonger le texte inconsidérément.

Tout cela pour arriver à une conclusion : il n’y a pas en Turquie de liberté de religion telle que nous la concevons : vous êtes sunnite ou laïc (kémaliste), encore que cette dernière tendance n’ait pas la faveur du pouvoir en place pour le moment. Nous estimons pour notre part et en toute sincérité que l’A.K.P n’a pas à intervenir en Syrie mais que l’attitude actuelle tend à dédouaner l’image de marque de Tayyp Erdogan vis-à-vis des militants de son parti.

 

Alawites syriens lors d'un mariage.

3 – La Syrie et les Alawites :

Il serait trop simple d’établir un parallèle entre les Alevis et les Alawites si ce n’est qu’ils sont une branche lointaine du chiisme où Ali tient une place prépondérante. Pour faire court, ils sont plutôt socialisant (à ne pas comparer avec la gauche européenne) et ont été un des piliers du Baath, parti séculier qui a connu sa période de prospérité alors que Saddam Hussein venait de prendre le pouvoir. Au moment de la guerre Irak-Iran, le régime syrien aux mains de la minorité Alawite a pris ouvertement position en faveur de l’Iran ce qui a établi un climat d’hostilité avec les états arabes sunnites. Tout comme les Alévis, ils rejettent la plupart des contraintes du rituel islamique et sont considérés comme hérétiques par toutes les tendances de l’Islam avec toutefois, une certaine sympathie de la part des Chiites iraniens. De là leurs relations privilégiées en ce moment avec le Hezbollah d’Hassan Nazrallah avec la même animosité à l’endroit d’Israël.

 

Pour terminer, nous ne souhaitons pas utiliser le mot « conclusions » car la situation en Syrie est incertaine mais il relève du simple bon sens qu’il sera de plus en plus difficile pour Bachar-el-Assad, représentatif de fait des Alawites, de continuer la répression au rythme actuel : encore que tout ne soit pas explicite car plusieurs centaines de militaires ont été tués dans leur confrontation avec des opposants sunnites, que ce soit à Hama, Homs, Deera ou Deir-Ezzor (ce qu’on ne mentionne pas dans les medias, aucun).

Quoiqu’il en soit, nous voyons mal une intervention occidentale et les autorités turques ont été choquées par le message envoyé en dernière minute par Hillary Clinton juste avant le départ du ministre des Affaires Etrangères Davutoglu, demandant au régime syrien d’arrêter la répression ce qui pouvait donner l’impression (?) qu’il y avait unité d’attitude entre les Américains et les Turcs, les premiers incitant les seconds à l’intervention.

Observons néanmoins le silence des autorités israéliennes, ordinairement plus disertes sur ces regrettables événements car ils sont bien conscients de l’hostilité du régime syrien actuel mais augurent mal d’un autre « système » qui serait dominé par les Frères musulmans comme pourrait l’être l’Egypte tout prochainement.

 

Bruxelles le 11 janvier 2011

 

PS : ces informations concernant les Alawites nous paraissant rudimentaires, il y a sur Internet un article (court) qui donne une idée un peu plus précise des Alawites : « Syria-Alawis » d’une certaine Choya Arora fellow à l’American Institute for Contemporary German Studies.

 

 

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