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Victoire in-extremis pour l’OTAN en Libye et erreurs stratégiques libyennes > Strategique.org

Victoire in-extremis pour l’OTAN en Libye et erreurs stratégiques libyennes

21 juin 2012 21

Carte des opérations avec les batailles et campagnes de conquête de la Libye par les forces rebelles-OTAN en 2011.

 

Suite à la publication d’un rapport des services de l’Institut des forces royales britanniques, diffusé par le site du réseau voltaire, nous revenons brièvement sur les fautes et les choix stratégiques et opérationnels de l’armée libyenne face aux rebelles et surtout face à l’OTAN.

 

Comme nous l’avons mentionné l’Été dernier, lors des opérations de bombardement de l’OTAN sur la Libye, la seule stratégie adéquate pour la Libye de Kadhafi était de passer à l’offensive, particulièrement contre les fores de l’opposition mais aussi contre les forces de l’OTAN. Pour nous, la défaite de l’armée libyenne s’explique essentiellement par le fait qu’elle est restée sur la défensive. D’abord contre les insurgés de Cyrénaïque, contre lesquels Kadhafi n’a pas fait preuve de la fermeté qui l’avait rendu célèbre auparavant, voulant seulement ramener à la raison ces « jeunes un peu trop excités ». En effet, la réaction de l’armée libyenne a été au début assez molle – quoiqu’on en dise – et n’a pas cherché à détruire ces « jeunes » qui étaient alors juste considérés comme des citoyens libyens un peu turbulents. Les images des tirs d’artillerie de l’armée libyenne balayant les côtés des routes contre ces hordes de bachibouzouks (comme les a si bien nommé l’excellent journaliste de terrain – un des rares véritables journalistes qui fait bien son travail – Yves Debay de la revue Assaut) montrent clairement que le but des tirs n’étaient pas de détruire ces pauvres hères hystériques s’agitant sur leurs 4×4, mais seulement de les effrayer et de les faire reculer. Ce n’est qu’après que l’OTAN soit passée à l’action que l’armée libyenne a commencé à durcir le ton contre les rebelles. Mais à ce moment-là, après que les courts mais intenses bombardements américains aient détruits les 3/4 des défenses anti-aériennes libyennes, l’armée ne s’est focalisée que contre les insurgés, sans chercher à véritablement combattre l’OTAN et a garder une attitude passive face au blocus naval et aux bombardements aériens.

En fait, militairement, c’est une défaite sans appel de l’armée libyenne, qu’elle que fut la cause de son combat. Il semble qu’elle se soit laissée hypnotiser par la pseudo-toute puissance de l’OTAN et par la technologie des forces militaires occidentales, un peu comme une proie face à un serpent. Alors que cette puissance, si elle est bien réelle, n’est pas, et de loin, invincible. Au contraire, elle est même très fragile si on sait l’attaquer sur ses points faibles…

Quoiqu’il en soit, lorsqu’on est en guerre avec un ennemi, quel qu’il soit et quelque soit la forme « légale » de cette guerre (une guerre est une guerre, peu importante comment les juriste et autres l’appellent), on se doit de l’attaquer, on se doit de lui faire mal et de lui faire comprendre que l’on est pas un plastron d’entraînement. En tout cas, on ne doit jamais se battre comme l’adversaire le souhaite  ou se l’imagine. Il faut le prendre systématiquement au dépourvu, à défaut, par surprise, être là où il ne s’y attend pas, etc. Dans le cas de l’armée libyenne, à aucun moment – à notre connaissance – elle a surpris l’adversaire en un lieu ou d’une manière où il ne s’y attendait pas.

Il est probable que si les forces aériennes et/ou navales des pays participant à l’opération de l’OTAN contre la Libye avaient subies des pertes, surtout matérielles ici (car quasiment aucune troupe au sol n’a été engagée, seulement des avions et des bateaux qui coûtent très très chers), elles n’auraient pas longtemps continué à y participer, étant donné que leurs intérêts étaient relativement faible. Si la France par exemple, pays avec le Royaume Uni qui semble avoir eu le plus d’intérêts à cette guerre, avait perdu une quinzaine de chasseurs et un ou deux navires, elle aurait vite fait le calcul que le risque est disproportionné au gain potentiel et elle se serait très probablement retirée d’elle-même de l’opération.

 

Car il se trouve que les forces de la coalition étaient au bord de la rupture. Pour gagner, elles n’ont fait que s’adapter à leur situation assez précaire et ont précipité les choses en attaquant Tripoli à la va-vite, quitte à subir de lourdes pertes dans les rangs des insurgés (mais ce qui est d’une importance secondaire ici, puisque les hommes et les matériels de l’OTAN n’étaient pas vraiment menacés, eux). Un intéressant document (téléchargeable ici) de l’Institut des forces royales britanniques, intitulé « Héros par hasard »,  souligne que les forces franco-britanniques se sont bien adaptées à la situation libyenne à laquelle elles étaient tout d’abord mal préparées. Le rapport démontre aussi que les forces de la coalition n’auraient que difficilement pu tenir un mois de plus vu les coûts de l’opération, la fatigue des troupes et l’usure des matériels, mais hélas sans dénoncer tous les autres véritables problèmes auxquelles elles furent confrontées, étant donné l’auto-censure évidente des auteurs à l’endroit de leur armée. Mais la conclusion que l’on peut en tirer démontre l’erreur stratégique et opérationnelle des forces libyenne de ne pas attaquer énergiquement les forces de l’OTAN. Ni d’avoir suffisamment défendu Tripoli d’ailleurs (comme nous l’avons fait remarquer dans un précédent article : Attaque sur Tripoli, risque stratégique après échec stratégique pour l’OTAN). Dans les deux cas de figure, si l’armée libyenne avait et attaqué l’OTAN, et organisé la défense de la capitale, cela lui aurait très certainement permis de résister suffisamment longtemps pour voir la coalition de l’OTAN se retirer et de pouvoir anéantir les rebelles alors dépourvus de soutien aérien.

 

La guerre est et sera toujours le lieu où l’improbable peut avoir lieu, où rien n’est sûr d’avance, où le conformisme et la médiocrité sont mis à rude épreuve, et où l’intelligence et l’adaptation confère une supériorité quasi absolue… Puisse certaines armées s’en souvenir…

 

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